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Éléments techniques et juridiques.

7- Tarification

Le sujet de la valorisation du travail et de la tarification des prestations est un élément clef tout au long de la carrière des artistes et designer·euses. De nombreuses questions se présentent lorsque l’on démarre son activité.

Suis-je trop cher pour mes client·es ? Suis-je trop peu cher pour faire professionnel·le ? Comment estimer son expérience et son expertise ? Sur quelle référence se base-t-on pour établir un prix ? Quels critères font varier mes prix ?

Plusieurs approches sont possibles :

Les honoraires

Vous pouvez définir un taux horaire moyen ou un taux journalier moyen en fonction de votre niveau d’expérience. Le prix du projet sera défini en fonction du temps de travail qu’il nécessite. Cela fonctionne pour estimer le coût d’un projet ainsi que pour le facturer après livraisons.

  • Honoraires : entre 60€ et 90€ par heure
  • Demi-journée : entre 200€ et 350€ (4 heures)
  • Journée : entre 350€ et 700€ (8 heures)

Les forfaits

Vous pouvez établir une grille de prestations et leur attribuer des fourchettes de prix. Cela permet une réponse rapide aux client·es qui veulent se faire une idée du coût de leur commande. C’est aussi utile pour démarcher des partenariats avec des entreprises, des studios ou des agences de professionnel·les.

La cession de droits

Pour déterminer le prix des cessions de droits, il faut prendre en compte de nombreux critères : le nombre d’affichages, le nombre d’impressions, la quantité de production destinée à la vente, les zones géographiques, la durée d’utilisation …

En effet, c'est l'étendue de vos droits cédés qui déterminera le prix. Plus vous accordez de liberté à votre client·e dans l’utilisation de vos images, plus vous serez en mesure de demander une rémunération élevée.

À noter : vous pouvez déclarer et confier vos oeuvres à une société de gestion collective (Adagp, SAIF) qui se chargera de fixer et collecter des pourcentages minima de rémunération pour l’utilisation de vos créations.

Les grilles tarifaires de ces organismes sont mises à jour chaque année et consultables gratuitement. C’est une bonne référence à consulter afin de déterminer vos prix.

Par exemple, un théâtre vous commande une affiche pour la représentation d’une pièce. La commande comprend une affiche A0 (84×119 cm) et une affiche A3 (30×42 cm). L’affiche sera imprimée en 15 exemplaires pour le format A0 et 60 exemplaires pour le format A3.

Prenons la grille tarifaire des cessions de droits de la SAIF :

Pour un format inférieur à 40×60 cm, donc le A3, et pour un nombre d’exemplaires entre 11 et 50, il faut compter 74 € de cession de droits.
Pour un format inférieur à 120×180 cm, donc le A0, et pour un nombre d’exemplaires entre 51 et 100, il faut compter 318 € de cession de droits.
Alors, vous pouvez estimer votre cession de droit aux alentours de : 392€ (74+318).

Le contrat de cession doit comporter les mentions suivantes :

  • Identité des partiesNoms et prénoms de l'auteur·ice de l'oeuvre et des bénéficiaires de la cession.
  • Description exacte des oeuvres concernées
  • Étendue des droits cédésLe contrat précise si la cession porte sur le droit de reproduction (contrat d'édition), de représentation (contrat de représentation), de traduction et/ou d'adaptation.Le fait d'inscrire la mention "etc." suffit pour les juges à établir l'absence de délimitation du domaine d'exploitation des droits cédés.
  • DestinationLe contrat mentionne la fréquence à laquelle l'oeuvre peut être diffusée et sous quelle forme (support). Si la cession de droit porte également sur une exploitation numérique de l'oeuvre (sur internet), le contrat doit le préciser.
  • TerritoireLe contrat précise le périmètre géographique sur lequel l'exploitation est autorisée. Les droits peuvent être cédés pour une ville ou une région particulière, un pays, voire "pour le monde entier" (notamment si l'oeuvre fait l'objet d'une diffusion sur internet).
  • Prix et modalités de paiement

Il est essentiel de toujours préciser si ces droits sont cédés à titre exclusif ou non. La clause d’exclusivité est un critère déterminant dans le prix de la cession de droit. Elle intervient souvent lorsque la·e client·e souhaite être la seule personne à pouvoir exploiter votre réalisation. Durant toute la durée de l’exclusivité, vous ne pourrez plus proposer d’autre cession des droits de cette oeuvre.

La cession de droits est faite sur mesure à l’utilisation des client·es et elle se limite à leurs besoins. Le contrat de cession de droits peut être renouvelable sur une période définie (chaque année, tous les deux ans, etc.). Ce qui vous permet de vous assurer un revenu régulier dans le temps et de “contrôler” l’utilisation de vos créations. Mais également de pouvoir mettre à jour le contrat de cession de droits au moment de son renouvellement pour correspondre aux nouveaux besoins de votre client·e (étendue géographique plus grande, vente de nouveaux produits de merchandising, etc.)
Par exemple, dans le cadre de la réalisation d’une identité visuelle d’un coffee-shop : vous pouvez définir une limitation géographique des éléments de communication à l’échelle de la ville ou du département de celle-ci. S’il·elle désire vendre des produits dérivés utilisant votre logo, fixez une quantité maximale pour chaque type de produits édité. Ainsi, vous garderez le contrôle sur l’utilisation de vos productions.

Aussi, vous pourrez suivre le développement de votre client·e et renégocier les cessions de droits en cas d’ouverture d’une seconde enseigne (dans une nouvelle ville) ou lors de l’édition d’une nouvelle collection de merchandising…

La valorisation de vos cessions de droits dépend aussi du type d’utilisation de vos oeuvres, mais aussi du profil de votre client·e. Il va de soi que votre contrat de cession de droit ne sera pas le même pour une entreprise que pour une association à but non lucratif. Vos intérêts doivent être liés aux revenus générés par vos créations.

Le budget

Il n’est pas rare que votre client·e ait un budget de production limité. S’il est inférieur à vos tarifs et que vous souhaitez néanmoins concrétiser ce partenariat, nous vous conseillons de bien définir ce que vous pouvez vous permettre de faire pour ce budget restreint.

Vous pouvez proposer par exemple moins de déclinaisons, moins de couleurs, moins de pages, une illustration plus simple, moins d’aller-retour et de modifications possibles…

Certains projets peuvent nécessiter de combiner des méthodes de tarification. Croiser les méthodes est également un bon moyen de vérifier leur justesse.

Exemple : vérifier le temps passé sur une prestation facturée de manière forfaitaire et calculer le taux horaire du projet en fonction du temps de travail effectué.

Il est dans tous les cas déconseillé de travailler pour des projets qui payent mal ou pas. Votre temps est précieux et peut être utilisé à des fins plus pertinentes.